EPISODE 3 = MERCREDI.

Je le tire par la cravate et l’emprisonne avec une jambe, lui offrant plus d’accès à mon intimité. Son souffle s’accélère, il me suit sans broncher dans la voiture.

J’exécute un nœud de chaise double et le porc se contorsionne pour essayer de me toucher. Je le plaque contre la banquette arrière de la voiture et passe un sac en tissu sur sa tête.

– Ne bouges pas, je vais nous conduire à un endroit où on ne pourra pas t’entendre crier.

Il se trémousse comme s’il va vivre la meilleure nuit de sa vie… Il n’a pas idée…

Il se laisse aller et me suit volontairement quand je le déplace, toujours aveugle. Bah oui, je ne vais pas le porter non plus ! J’ai trouvé un stratagème pour papounet, les autres aussi y ont droit ! D’ailleurs, maintenant que j’y pense, mon papa, j’aurais pu le laisser attacher au cheval pour l’écarteler aussi… ç’aurait été une idée ! Mince ! C’est trop bête ! ç’aurait été trop marrant, j’ai manqué ma chance ! Bon. Peut-être la prochaine fois…

Je l’attache à une chaise. “Hé, ça sent le poissecaille mort ici.” J’enlève le tissu de sa tête et il découvre enfin mon bateau de pêcheur. Enfin, l’intérieur. Enfin, ma salle de torture quoi. Il commence à flipper.

– Ce n’est pas drôle ! Détaches-moi espèce de tarée !

Il tremble tellement que j’ai peur qu’il se pisse dessus. Bon, il y a les trous d’évacuation pour quand on lave les poissons mais quand même ! Je me suis donnée toute cette peine pour qu’on soit tranquille ici, il pourrait au moins avoir un minimum de décence ! Ces hommes… Tous les mêmes.

– Dis-moi, à quel point te crois-tu dans la merde là ?

Je balade mon revolver sur son torse, remontant lentement sur sa nuque… Hihihi ! Je ne peux pas m’empêcher de sourire… S’il appelle sa mère en pleurant, je vous jure que j’éclate de rire !

– Qu’est-ce que j’ai fais ? Attends, mais expliques-moi quoi ! J’ai le droit de savoir ! Au moins comme dernière parole, avant de crever ou je ne sais pas quoi, comme ils font dans les films là…

– Je suis plus séries moi. Tu connais Dexter ? Franchement c’est pas mal, je la recommande… Si tu as la télé en enfer, connard !

Je prends le couteau de poche et découpe son sourcil. Son percing là, je voulais trop l’ajouter à ma petite collection…

Ce troufion hurle à la mort. ça va, ça va… Il n’y a pas mort d’hommes. Enfin pas encore… Pas besoin de se chier dessus quoi.

– J’ai de l’argent, j’ai de l’argent ! Je peux te faire un virement tout de suite ! J’ai un compte dans les Bahamas, tu pourras vivre tranquille le reste de ta vie ! Laisses-moi partir, je ne dirais rien à personne, je l’jure putain ! Mamaaannn !!!

– Ta gueule ! Fermes la, putain !

Je jubile de l’intérieur. Attends, il faut que je me retourne, je ne peux pas être sérieuse là… Franchement, même moi je sais que ça ne se fait pas de se marrer avant de tuer quelqu’un. Je souffle dans son cou.

– Ouh… Tu es un petit vilain toi… Du marchandage et de l’argent sale dans les tropiques… Ouh… ça me fait…

Je descends ma main le long de son torse. Ma poitrine se cale contre sa nuque… Arrivée à sa fermeture éclair, je m’aperçois que le gars bande carrément.

– Salaud ! Tu es marié et à deux doigts de claquer, et toi, tu crois que je vais te faire plaisir ?

– Bah… On peut toujours espérer… Ce serait un bon moyen de partir quoi…

J’enlève le cran de sureté et l’enfonce dans sa bouche. Revirement de situation. Des larmes coulent le long de ses joues. Je les essuie doucement, enlève le flingue et libère ma main pour prendre une pince et attraper sa langue.

Il gigote. J’enfonce la bague de mon prédécent salaud et lui explique tandis qu’il se débat.

– J’ai besoin que tu délivres un message pour moi. Hébreux 13:4 dit “Que le mariage soit honoré de tous, et le lit conjugal exempt de souillure, car Dieu jugera les impudiques et les adultères.”

Il se débat et essaye de hurler. Ou de me croquer la main. Quand j’enlève mon fistage de sa gorge, j’aperçois du sang sur mes doigts. Merde. J’ai dû perforer quelque chose… Le temps m’est compté. Je le regarde et lui crache dessus pour bonne mesure. Je repasse derrière lui et pointe le calibre sur sa boîte cranienne.

– Les enfants, on a un autre meurtre sur les bras. à ce rythme là, on aura un tueur en série qui fera les choux gras de la presse. Je vous file un ptit coup de main, j’ai fait venir la femme du gars posé en Jésus pour la questionner. Elle a aussi dit que son mari s’était disputé avec son meilleur ami. Un certain Wilfried. Allez le cueillir et dépêchez-vous, plus vite que ça !

– Chef Loupiot. Comment sait-on que ce deuxième meurtre est lié à notre affaire en cours ?

– Ma petite Zoé, le taré qui a tué la deuxième victime est aussi marié. Ce Ivan là, a été retrouvé à la Marina, brûlé sur un mat, une alliance enfoncée dans la gorge.

Quand Wilfried nous voit approcher, il se met à courir.

Bam !

Je me retourne pour voir Zoé, en position, comme aux entraînements, le pistolet fumant. “Merde ! Tu l’as buté ? Sérieusement ?! Zoé !!! Et moi alors ?!”

– Il n’est pas mort.

Zoé se rapproche de moi et je me retourne sur le suspect pour le découvrir en train de serrer son bras et de chialer.

– Elle m’a tiré dessus, elle m’a tiré dessus ! Au secours, police !

– C’est nous la police abruti. Tu es con ou tu le fais exprès ?

Je lui passe les menottes en regardant ma partenaire. J’ai beau lui en foutre plein la gueule, dans les moments de vie ou de mort, je peux compter sur elle pour protéger mes arrières.

à suivre…