EPISODE 13 = 1 MINUTE.

– Désolé, on n’a que du guacamole ici ma belle.

C’est bon. Non seulement j’ai désarmé le blanco, mais en plus, il est maintenant bien ligoté sur ma table de torture. Quel revirement de situation ! Pouah ! Je m’impressionne moi-même ! Si seulement, il y avait un témoin pour corroborer ça !

Des pas se font entendre. Ivanoschka. Je me place derrière la porte et dès qu’elle l’entrouvre, lui claque sur sa belle gueule. Bien fait. Je la choppe et la balance contre le mur en nous renfermant dans ma salle de torture. Elle est assommée sur le coup et s’effondre dans un coin.

Solution. J’ai besoin d’une solution.

Je suis je ne sais pas où en Espagne, Tonton Loupiot et la femme de Zoé essaie de me buter et l’affaire de marijuana n’est toujours pas résolue. Ces semaines passées à me faire torturer et emprisonnée dans mon cachot on fait de la bouilli à mon cerveau. Réfléchis Théa, réfléchis.

– Relâches-le ou on bute ton copain ! 

– Lého ? 

Merde, non pas Lého ! Je dois rejeter ce malfrat trouvé à l’arrière du Ô Zen. Mais qu’est-ce que Lého fout là ? Je lui ai juste dit que j’avais une piste pour mon enquête.

– Je me suis dit que tu avais sûrement besoin de renfort.

Il me fait son sourire en coin irrésistible et balance son coude dans la tronche de son cagoulé. Je tiens toujours le mien en menottes.

Lého se libère et démasque le gars qui venait de nous menacer tous les deux.

– Wilfried ??!

Mais ? Quoi ? Attends, quoi ? Wilfried ? Le suspect de la série de meurtres de La Sina ?

J’en lâche ma grippe et regarde mon malfrat prendre ses jambes à son cou. Je me retourne vers Lého et Wilfried, l’air désolé.

Qu’est-ce qu’il fout là celui là ? Non mais on est où bordel ?

Wilfried s’affale sur le trottoir, les mains sur son nez pissant le sang.

– Wilfried. Je sais que tu n’as rien à voir avec tout ça.

– Sympa de te revoir aussi Théa.

– C’est enquêtrice Théa maintenant.

– Enfin, apprentie…

– Lého…

– Ok ok !

Lého lève les mains au ciel et recule. Merci de me laisser faire mon travail espèce de fauteur de troubles.

– Tu m’as fait perdre mon malfrat, Wilfried. J’attends ton excuse.

– Mon excuse ??! C’est la meilleure celle-là ! Toi et ta tarée de tueuse en série m’avez tiré dessus, capturé et traité comme un moins que rien et c’est moi qui te doit des excuses, espèce de transphobe ?

– Hé ho ! Non mais n’importe quoi ! On t’a traité comme une merde parce que tu t’es présenté à nous comme un mec infidèle alors que la Sina essayait de faire la justice pour les femmes ! C’est la solidarité vois-tu ? Comme ce que vous faites entre vous, bande de raclures !

Je pointe Lého et Wilfried à tours de doigt.

– Donc, j’aurais dû resté dans le mauvais corps pour vous faire plaisir ? Et éviter de me faire assassiner ?

– Ok, dis comme ça… J’avoue. On n’a pas pensé à mal mais on s’est mal comportées ! Pardon ! Je m’excuse ! Ça te va ?

– Non !

– Et bien tu devras t’en suffire. Maintenant casses toi d’ici avant que je ne te coffre.

Wilfried part me jetant des éclairs avec ses yeux.

– Tu es sûre qu’on peut le laisser partir ? Il m’a quand même menacé.

– Mouais enfin, tu as vu dans l’état qu’il est ? On l’a déjà assez malmené comme ça.

Et si toute cette histoire espagnole c’était une vengeance ?

Ivanoschka a encore la tête dans les étoiles près de ma trappe. De l’autre côté, j’entends ma chèvre Lana s’agiter encore. J’ouvre la petite porte par laquelle ils me faisaient passer pour retourner dans mon cachot comme un putain d’animal et choppe la main la première la laisse de Lana.

Pfiou. C’était plus facile que je ne le pensais. Le blanco commence à se réveiller et je lâche Lana pour m’emparer de ma Cup.

– Et là ? On fait moins le malin hein ?

Quelle idée d’aller kidnapper un flic aussi ?

Des bruits plus sourds retentissent près de la salle où j’ai vu Lého pour la dernière fois. Je me retourne sur le blanco et il me dévisage en ricanant. Ce sadique se croit où ma parole ?

Une explosion retentit. Je suis propulsée au sol. Mes oreilles sonnent. Je vois flou et même si ma tête vrille, je distingue le blanco se détacher et s’emparer d’un couteau.

Mes mains sont ligotées au dessus de ma tête. Ivanoschka me les tient fermement dans une écharpe qui a débarquée de je ne sais où.

Je balance mes pieds et arrive à désarmer blanco. Je l’étouffe entre mes jambes et il retombe au pays des moutons sautant les barrières.

Je me retourne et vois rouge. Je commence à frapper et tabasse Ivanoschka pour bonne mesure, après m’avoir trahie. Son corps se relâche mais ma colère n’est pas atténuée. Je continue à lancer mes poings maintenant ensanglantés.

Soudain, je sens une résistance. On retient mon poing et mon corps s’éloigne de dessus de la traîtresse. Je croise enfin un autre regard.

– Zoé ?!

– Dis-moi ?

– Tonton ! C’est tonton qui a tué mon père !

– Je sais.

– Tu es au courant ?! Lâche-moi tout de suite !

Je me débats et tombe. Je regarde la carcasse restante d’Ivanoschka et j’hallucine toujours que j’étais tellement à l’ouest, je n’ai pas réalisé que ma copine de cachot était la femme de Zoé.

– Zoé… Pardon pour…

– Laisse. Elle m’a bien bernée aussi.

– Ouais, elle a eu ce qu’elle méritait. Laisse moi Loupiot aussi.

– Lého est innocent, il ne savait rien.

– Comment tu sais ? Pourquoi tu parles de lui au passé ?

– Non, je crois qu’il respire encore, il est allé chercher du renfort.

– Comment vous savez pour toute cette histoire ?

– J’ai appris quelque chose. Ça pourra t’aider pour ton enquête. Mais c’est délicat.

– Je finis et j’arrive.

Je raccroche avec Zoé. Avantage de la ligne directe prison/commissariat. Tonton Loupiot s’approche un dossier sous la main.

– Tu te rappelles ce que je t’ai enseigné sur la vie ?

– Foutues montagnes russes.

à suivre…