EPISODE 10 = 1 SEMAINE.

Ça sent pas bon. Ça sent mais alors pas bon du tout.

Bon. Voilà toute l’histoire. 

Il y a eu une descente derrière la salle de yoga. Apparemment le Ô Zen, institution supposée promouvoir le bien-être et la relaxation est en fait une vitrine pour dealer de l’herbe. De quoi fumer tout le bâtiment en plus. Tu m’étonnes que leur thé a pour réputation des vertus thérapeutiques… Enfin.

Je disais donc. La sentinelle a coffré les méchants mais ils n’ont pas coupé la tête du serpent. C’est là que j’entre en jeu. Après tout, j’ai démasquée la Sina en moins de temps qu’il n’en faut pour dire Alléluia.

C’est bien beau d’avoir arrêter un labo, tout le monde sait très bien qu’ils doivent en avoir au moins 4 ou 5 autres dans le quartier pour compenser. Et puis, on sait déjà qui sont les revendeurs. 

Non non. 

Pour trouver le cuisinier, il ne faut pas toujours chercher dans la cuisine. Il faut aussi aller au marché.

En remontant les pistes, je me suis aperçue que plusieurs trucs clochaient. Et à chaque fois qu’on coffrait un autre mafieux, il jetait encore et toujours le même nom sous les roues du bus. À croire qu’ils sont tous tellement effrayés qu’ils sont prêts à se sacrifier au lieu de vendre la mèche.

Je dois remonter à plus de 20 ans en arrière dans les affaires classées avant de trouver peut-être, quelque chose de tangible. Tiens, tiens.

Mon téléphone vibre. Lého. 

Il a fini sa journée et il m’envoie une photo de mon fondant au chocolat préféré au restau du coin. Le truc Michelin étoilé attention. Il n’y a pas à dire, le gars fait des efforts. Mais après tout ce que j’ai vu dans ce métier, franchement, j’y crois à moitié.

Je parcours le dossier que je viens de trouver. C’est bien ce que je me disais. Zoé m’a parlé d’un gang conquistador. Ces Spanishs là font la meilleur bouffe du monde, osez me contredire.

Le logo d’une facture m’interpelle. Une banque. Enfin, pas n’importe quelle banque. La banque. Celle là même située à 10 kilomètres de chez moi où mon père s’est fait assassiné.

Autant vous dire que les banques et moi, et surtout celle là en particulier, ça ne fait pas bon ménage.

Je me souviens qu’avant de me dire ce qu’il se passait, tonton Loupiot m’avait récupéré à l’école ce jour là pour manger un barbecue comme Astérix et Obélix. Pour fêter la visite de son fils Lého. De son premier mariage. On ne le voyait jamais dans les parages mais il était plus de mon âge que celui qui cuisait dans le ventre de tata Loupiot. 

Je me rappelle être contente de le voir. Bon maintenant un peu plus mais voilà quoi. Rah… La vie. Des montagnes russes je vous dis.

– Franchement, il était bon ce petit cochon !

– Celui que tu as mangé chez le chef avant d’apprendre la mort de ton père ?

Zoé me regarde comme si j’étais folle.

– Bah ! Il faut bien avoir quelques bons souvenirs des mauvaises périodes aussi non ?

– Bref. J’ai besoin d’un service.

– Je t’écoute ma petite Zozo.

– Non. Pas de surnom.

– Bon tu veux mon aide oui ou non ?

– J’ai besoin que tu retrouves Ivanoschka.

– Ta femme ? Celle qui s’est taillée juste après ton arrestation ?

– Que tu as orchestré ?

– Euh…

Zoé roule des yeux. Aujourd’hui, je la sens crevée. Mais qu’est-ce qu’elle doit faire de ses journées ma parole ? C’est pas comme si c’était super excitant de vivre enfermée entre 4 murs quoi.

Elle va pouvoir faire appel bientôt. On espère la faire sortir en disant juste qu’elle a besoin d’aide psy. 

Après tout, elle essayait de faire le bien… La manière n’était pas forcément la bonne mais c’est plus que ce qu’on peut faire, nous, cachés derrière notre badge.

– Ok, je vais essayer de trouver ta poupée.

On est mardi et il y a déjà tellement de travail ! Franchement, vivement le week-end.

Ma tête craque sous le coup. 

Vas-y. 

C’est fini. 

Je suis foutue. 

Il va me désosser c’est sûr ! Et je ne serais même pas aller à Barcelone ! Quelle idée d’être en Espagne sans passer par Barcelone ! Barcelone quoi ! 

Ça se peut, la meuf de Zoé n’est pas loin en plus. 

Elle m’avait pratiquement gueulée dessus quand je lui ai dis que sa russe avait été vu se dorer la pilule avec une vieille. Genre Mac. La vérité, j’vous jure !

Alors oui, on a eu, on peut et on aura très certainement encore d’autres disputes si je sors en vie d’ici. 

C’est comme ça que l’on construit des relations durables et solides dans le temps apparemment.

Mais j’y peux rien moi, si elle l’a cocufiée et est partie avec une décrépite !

– C’est toi qui a capturée El asesino del anillo ?

– C’est la Sina merci bien.

Le blanco me gifle a nouveau.

C’est pas le tout mais il serait peut-être le temps de déguerpir d’ici. J’ai mal. Je souffre d’accord ?

Ma partenaire de cellule ne dit rien et ne fait que de me zieuter quand ils me jettent dans notre prison.

J’atterris sur de la merde de chèvre. Littéralement.

C’est dégueulasse et ça schlingue tellement sa race que s’en est comique. Au point où j’en suis, il vaut mieux en rigoler.

Du coup, je commence à parler pour passer le temps. À moi-même au début et quand elle réagit ou sourit à mon déblatérage, à ma nouvelle copine aussi.

Je lui raconte ma vie vu qu’elle n’a pas l’air de vouloir partager.

Vous savez derrière le frigo où on nettoie jamais ? Où on pose des trucs au-dessus et ça tombe derrière et la poussière s’accumule et où on prend jamais le temps de nettoyer ? Et bien j’en profite pour régler mes problèmes j’imagine.

Une chose est sûre, j’ai hâte de rentrer pour ouvrir mon frigo et déguster ma bonne tarte au jambon. 

Quand je vous dis que tout est bon dans le cochon…

à suivre…