EPISODE 6 = SAMEDI.

On a réussit à contrôler Linisha. Elle s’est changée et installée dans la salle d’à côté.

– Mon ptit Wilfried… Pourquoi elle dit que tu as massacré Loïc ?

– Loïc ? Qu’est-ce que Loïc vient faire dans cette histoire ? J’ai léché ses couilles une fois, je ne lui ai pas mis la bague au doigt !

– Le suspect était ici lors de notre réquisition.

Zoé me rappelle à l’ordre. Toute cette histoire, ça me fait vraiment haïr les hommes ! Quelle bande d’enflures ! Tous ! Ils ne font que ça nous baiser, et après il s’attendent à ce qu’on leur sourit et qu’on aille leur préparer à manger !

– Sois Professionnelle. Si tu veux être juge, tu t’es trompée de formation.

– Comment tu fais pour rester aussi calme ?

Elle joue avec son briquet et me tend une sucette canelle.

Punaise. C’est donc vrai. Les relations, ça se travaille. Je la remercie silencieusement.

Chef Loupiot est en train de prendre en charge Linisha. On regarde discretos.

– Oui, je fais mon yoga à la salle Ô Zen ! Qu’est-ce que ça à voir avec Loïc ? Je l’ai rencontré quand Boris voulait faire un plan à trois, c’est mon ami ! Et oui, j’ai couché avec Ivan mais mon mari aussi me trompait… Avec des hommes ! Les filles au yoga, elles m’écoutaient et me comprenaient…

Je me retourne sur ma co-équipière qui a les yeux qui scientillent.

– Bah alors, qu’est-ce qui te turlupine ?

– Dans son dossier, on voit qu’elle a fait adopter son enfant. Une fille. Tu te rends compte la détresse émotionnelle qu’elle a dû vivre ?

– Je me rends compte surtout que je ne t’ai jamais entendu faire d’aussi longues phrases. Tu veux dire que toi aussi… Tu as été adoptée ?

Zoé se ferme comme une huître. Je suis allée trop loin. Merde. J’essuie le sucre de ma sucette qui a coulé sur mes doigts sur mon t-shirt troué. Elle recule de peur que je réserve le même sort à son beau costard soigné.

Je brandis mes mains en l’air. “La sinaaa…”

Demi-sourire. Ouf. Je ne l’ai pas perdue.

– Ma femme a été adoptée.

Ma partenaire est mariée ? à une femme ? Je. Le. Savais ! C’était sûr !

– ça doit être terrible…

– Quoi ?

– Devoir bosser avec un canon comme moi !

Je balance mes hanches de gauche à droite et secoues ma poitrine pour lui montrer mon décolleté inexistant.

Elle rigole franchement.

Découper Loïc hier… ça m’a fait… me sentir vivante. J’ai tout fait. Du début à la fin. Cette fois-ci, je ne ferais pas autant de dégâts derrière moi. Le truc pratique dans un bateau de pêcheur, c’est nos gros frigos pour stocker la viande.

Celui là, je le plante juste assez pour qu’il recule de lui même dans la chambre froide.

Une fois bien congelé, je le ressors et me mets à l’œuvre. Une articulation après l’autre… ça sera plus facile à faire bouffer aux poissons.

Dis-moi, tout ça, c’est bien du pareil au même, non ? Sale, médiocre, disproportionné…

– On doit relâcher Wilfried.

– Pourquoi ?

– On a retrouvé une tête et l’annulaire de Loïc sur ton bureau.

– Mon bureau ??!

– Samuel 11:15 : “Il écrivit dans cette lettre : Placez Urie au plus fort du combat, et retirez-vous de lui, afin qu’il soit frappé et qu’il meure.”

Zoé énonce le bout de papier sur la langue de la tête du gars sur mon bureau comme une prêtresse.

– On lui a tiré dessus et on l’a cuisiné pendant plus de 40h. Laissez-le partir.

Apparemment, les déchets retrouvés, ils les appellent des victimes. Peut-être qu’elles se sont laissées victimisées aussi. Elles l’ont cherché après tout. Ils avaient tout ce que la vie a à offrir mais non. Ils voulaient plus. Ils veulent toujours plus. Ils veulent toujours ce qu’ils n’ont pas. Ces enfoirés.

Je regarde ma montre.

Merde. Il me faut un dernier sacrifice, où le verset ne sera pas complété ! Ce sont les 10 ans de l’anniversaire de sa mort, si je ne le fais pas maintenant, jamais maman ne pourra…

Je me dois de la protéger. Je dois…

Wilfried ? Il marche comme ça tout seul ? Sans protection ? C’est mon jour de chance on dirait…

Ok. Donc.

On a : Boris le pluggé, Ivan le chaud lapin, Baptiste le pervers, Loïc le crevard et Edouard, ah ma chère tête d’Edouard…

Boris, Ivan, Baptiste, Loic, Edouard… Qu’est-ce que vous avez donc en commun ?

Boris. Homme marié. Gay encore dans le placard. Infidèle. Menteur. Utilisation de plug anal de la taille d’une foutue courgette… Et celle de la campagne moi je vous parle, pas la minuscule des supermarchés, pleins d’OGM là…

Ivan…

B. I. B, L, E… Bible.

La Bible.

Mais oui !

Quelle con !

Les versets !

Les alliances laissées !

Mais pourquoi les bijoux ? Boris et sa boucle d’oreille, Ivan et son percing à l’arcade, la chaîne de Baptiste, la chevalière de Loïc et le nouveau Edouard… Elle fait quoi ? Des échanges ?

Et nos suspects…

Wilfried a niqué Boris et Baptiste. Il a dit que ça lui faisait un B&B… Mais à part vouloir sucer tout le monde, il n’a pas vraiment de choses à se reprocher.

Linisha a ken Ivan alors qu’elle était mariée à Boris. Mais Boris l’a trompait avec des fausses courgettes…

Allez Théa ! La réponse est juste en face de toi…

Il me faut un signe de Dieu, tout cuit et prêt à être mangé. Moins glauque que boire le vin du sang de son fils si possible. Bon. Après, chacun ses goûts…

Je déraille.

Hommes. Bagues. Dieu…

Merde.

Je sais qui c’est…

J’attrape mon gloc, ma veste et les clés de la voiture de tonton Loupiot. Elle est au port, c’est sûr. Il est temps de passer de la théorie à la pratique…

à suivre…