– Non, c’est moi qui le questionne.
– Tu vas faire quoi ? Lui proposer de tout avouer et en échange, tu lui offres une de tes sucettes à la canelle ?
– Si il en veut, je n’ai pas de problème à partager ! Non, mais, plus sérieusement (je mets mes poings sur mes hanches), tu fais déjà flipper avec ton attitude de robot et moi je veux jouer la méchante flic aussi ! Alors, tu vas derrière la vitre et tu observes ! C’est chacune son tour d’abord !
Zoé tripote son briquet en regardant au loin. “Très bien.” Je lui souris avec satisfaction et me retourne pour voir le boss nous observer.
Mon ange gardien… Ou celui qui va m’apporter la haine de tout le commissariat. Y compris ma partenaire.
J’entre dans la salle interrogatoire pour assister à la scène la plus pathétique que j’ai jamais vu de ma vie. Le suspect a de la morve qui coule de son gros pif et il gémit à m’en casser les oreilles. Je m’approche de lui, tends mon doigt vers son épaule et presse dessus doucement.
– ça fait mal là ?
– Argh !!!
J’entends un écho à mon ricanement. Je me retourne vers la vitrine et l’interphone du haut parleur se coupe. Je n’en crois pas mes oreilles. ça fait 5 mois que je connais ma partenaire et c’est la première fois que je viens de l’entendre se bidonner… Ce n’est peut-être pas le moment de lui dire qu’elle a un rire de chèvre… On y va un pas à la fois, un peu de progrès quoi.
Comme je sais que ma co-équipière kiffe ça aussi, je titille la blessure du gars.
– ça fait mal là ? Et là ? Et là ?
– Oui ! Oui ! OUI ! C’est de la torture ! Je veux mon avocat !
– Bon, bon, j’arrête.
Je m’installe en face de lui.
– Wilfried née Wilda.
Oh. Je me recule sur ma chaise. J’essaye de jeter un coup d’oeil sous la table pour mater son entrejambe. Je ne sais pas exactement ce que je cherche.
– Hé, mes yeux sont plus haut ma belle ! Je veux mon avocat ! Tu m’as tiré dessus !
– On se calme coco… Je peux t’appeler ton avocat, mais en attendant, c’est ma partenaire qui va devoir te surveiller. Tu sais ? Celle qui a la gâchette un peu facile, comme on a pu en constater toutes les deux… tous, pardon. Bref. J’ai dû lui promettre de ne pas y aller mollo avec toi ou sinon elle vient se charger elle-même du questionnement… Tu veux quand même que j’ailles te la chercher peut-être ?
– Non, non, c’est bon ! Je vais tout te dire !
– Super ! Alors, parles-moi de ta relation avec Boris.
– Il ne voulait rien dire à Linisha mais je lui ai déjà dit qu’elle le trompait avec Ivan et il ne me croyait pas. Il disait que ça lui briserait le cœur de savoir qui il était vraiment… Même lui, il n’arrivait pas à s’avouer qu’il l’était et que ce n’était pas qu’une joie passagère quand je lui enfonçais ma courgette dans son petit trou serré et qu’il était là “ouh ouh ouh ahhhhh !”…
– Wow ! Wow ! Wow ! Je n’avais pas besoin d’autant de détails quoi… Laisses tomber les images, je vais faire des putains de cauchemars maintenant… Attends, mais tu as utilisé toute sa collection dans son tiroir ? Tema la courgette de fou qu’il y avait dedans ! Frère, elle était… mais énorme quoi !
– Tu veux savoir un truc ? C’est en fait un moule de ma grosse queue ma chérie…
Il me cligne des yeux.
…
Il a réservé une salle privée. Très bien. J’attrape la barre métallique et commence à tournoyer.
Les fesses en l’air et la tête en bas, je le regarde enfin. Dans ses yeux, il n’y a que du désir. Je me balance encore.
Quand je m’ondule enfin vers lui, je peux voir son envie de luxure. Qu’est-ce qu’il me dégoûte. Il saliverait presque. Il n’hésite pas à agripper mes fesses et les malaxer.
Je m’échappe de son emprise en passant derrière sa chaise. Lentement, je noue ses poignets au meuble de fortune. Il est coincé.
Je place le sac en plastique sur sa tête. Il essaye de se débattre. J’arrive à maintenir le sac sous son menton grâce à sa chaîne. Il grimace bizarrement, cherchant de l’air. Ses yeux deviennent vitreux.
– Dis-moi… Tu veux toujours jouer ?
Il est prit de spasmes. Mais bientôt, son corps se calme.
La mort le délivre enfin. Ce n’est pas assez pour moi. Son humiliation n’est pas finie. J’en veux plus.
Je le déshabille entièrement, lui arrache sa chaîne et réattache ses pieds et ses mains. Noue une corde autour de son cou. Ouvre la porte du balcon privé. L’air est frais ce soir. Il n’y a personne dans la rue.
J’accroche le restant de corde à la rambarde. Soulève ce moins que rien et le balance par dessus bord.
– Esaïe 33:1 “Malheur à toi qui ravages, et qui n’as pas été ravagé ! Qui pilles, et qu’on n’a pas encore pillé ! Quand tu auras fini de ravager, tu seras ravagé ; Quand tu auras achevé de piller, on te pillera.”
…
Le son de la télé de la station augmente. Tout le bureau est captivé par la journaliste. Je pousse Wilfried dans la salle interrogatoire.
– Flash info, un meurtre a été recensé par la Police. Un homme a été retrouvé pendu au Frou Frou, club de strip-tease réputé localement. Ce troisième meurtre place officiellement cette enquête comme un attentat perpétré par un tueur en série envers les hommes mariés. On l’appelle déjà “El asesino del anillo”. Mes chers messieurs, faites bien attention à vous, écoutez votre femme et n’oubliez pas de faire la vaisselle et sortir les poubelles… Ou sinon, gare à vous… Après tout, les vœux de mariage sont sacrés. Vous n’avez qu’à bien vous tenir et tout ira bien, voilà…”
…
Exactement.
Clic. La télé s’éteint et je jubile.
Enfin. Je serais bientôt reconnue à mon juste titre…
La sauveuse des femmes humiliées et délaissées.
à suivre…