Saison 1 / Episode 2 : Pas de soucis, nous on danse la vie !

Bon. Ce n’est pas tout mais moi, je vais bien après tout !

Après ma frayeur d’avoir eu le virus, qui est devenu aussi célèbre qu’il a désormais son propre émoticône soit dit en passant… Mes 14 jours de probation sont largement passés. Et ! Comme toute asiatique qui se respecte… L’examen, je l’ai passé haut la main !

Heureusement Poppy était là. Mon infirmière british adorée. On ne dirait pas comme ça, puisque c’est la plus raisonnable du groupe, mais en vrai, elle est toute aussi folle que nous ! Elle arrive juste à bien le cacher c’est tout ! D’ailleurs, il faudrait que je l’emmène faire un tour aux casinos. Avec son jeu de ouf, le poker, c’est les doigts dans le nez qu’on va le gagner !

Oui, bon. Je disais quoi déjà ?

Ah oui, ça y est ! Résultats négatifs ! Je suis O.P. pour retourner travailler ! Sauf que… Je n’ai plus de boulot !

Que faire ?

Poppy m’a dit la dernière fois qu’il y avait moyen d’aider à l’hôpital. Seulement voilà, les pauvres sont surchargés ! Personne ne répond ni aux e-mails, ni au téléphone.

Bon, bah… Plus qu’à braver la tempête alors, non ?

Je me décide à accompagner Poppy à l’hôpital demain pour voir si il y a moyen d’aider un peu et passer le temps du confinement.

Je vous avoue. Les deux premières semaines de confinement, bah moi, je les ai passées plus qu’à l’aise ! à radoter dans l’appartement, à sortir trois fois pour faire les courses et jeter les poubelles et finalement, je n’ai rien regardé de ce qu’il se passait vraiment dehors quoi. J’étais en sécurité à la maison et bon… Je m’en foutais un peu du pourquoi j’avais attéri là.

C’est vrai quoi. Vous ne connaissez pas le proverbe trop d’informations tue l’information ? Apparemment trop de nouvelles sur le Covid n’apporte que de la paranoïa qui nous fait acheter trop de sous-vide. Enfin.

La passé est terminé, pas besoin de revenir dessus. Et voilà que je m’égare encore. Punaise, aujourd’hui dans ce foutu journal, j’ai vraiment du mal.

Je ne vais passer mon temps qu’à vous faire des rimes qui vont vous faire regarder Pacific Rim. Vous direz ce que vous voulez d’ailleurs sur tous ces genres de films de fin du monde, ils savaient de quoi ils parlaient finalement !

La semaine dernière, lors de ma crise d’hystérie et de panique, la vérité, je me suis dit : “Je ne peux pas mourir tout de suite ! Les aliens ne sont pas encore arrivés ! Je veux voir si ils ressemblent à des grands schtroumpfs géants comme dans Avatar !”

Bon, OK ! Je l’ai dit à qui voulait bien l’entendre. Mais c’est vrai quand même. Vous croyez qu’il faut utiliser ses cheveux pour communiquer avec eux ? Heureusement que je ne me les suis pas encore coupés ! Ah ha ! Moi, je suis prête pour les aliens !

Bon… Je vois que mon cas ne s’arrange pas. J’ai besoin de prendre l’air c’est clair.

Enfin le matin ! Masque sur le visage, gants aux mains, je descends rejoindre ma british d’infirmière en bas de mon immeuble. Elle m’attend de l’autre bout de la rue, parée elle aussi à l’apocalypse.

Habillées comme on est là, franchement, les aliens vont avoir peur plus qu’autre chose. Mais bon. Tant pis écoutes, on aura tous une sale gueule et puis voilà quoi !

Nous on prône aussi l’égalité extra-raciale !

Au moins, ils verront l’ambiance quand ils se décideront à nous rencontrer. Je mets un petit Hold Yuh de Gyptian à fond les ballons pour nous mettre bien ! On marche jusqu’au tram pour se rendre compte que les horaires ont changé et qu’il faut l’attendre une heure si on veut monter à bord. à 15 minutes de là à pieds, il y a un arrêt de bus qui marche normalement, normalement.

On swing jusqu’à l’arrêt de bus chacune sur son trottoir. Sur notre route, on s’ambiance en imitant des chorégraphies et en chantant à tue-tête.

Les gens nous rejoignent au balcon et au lieu de nous verser un seau d’eau sur la tête, ils mettent leur stéréo à fond et font danser leurs banderoles de courage au rythme du tempo.

Franchement, je comprends tous les artistes et sportifs de haut niveau maintenant. Marcher vers l’hôpital, c’est un peu comme entrer dans l’arène et aller rentrer dans le lard du Lion.

Manon aimerait ça. Elle du genre à rentrer dans le lard des gens et poser des questions après. Mais ça, ce sera notre prochaine discussion.

Pour l’instant, place aux rires et à la danse dans les rues désolées ! Amenons un peu de vie à cette soirée !

L’ambiance s’alourdit dès qu’on rentre dans l’hôpital, on sent quelque chose de différent.

On rentre dans cet univers parrallèle…

Ah ouais merde, cette crise sanitaire, elle est bien réelle.

– Allongez-vous et respirez…

Je me stoppe net. Cette voix. Merde, c’est vrai, Nguyen est là.

à suivre…