Bon. Où en étais-je déjà ?
La fin du confinement. La fin de mon boulot. La fin de mon idylle.
Punaise. ça fait beaucoup quand même.
Apparemment, toutes ces histoires m’ont attiré les grâces du ciel.
Pour palier trop de changements, ils ont fait poursuivre la période de confinement rien que pour moi ! Si c’est pas généreux tout ça ! Désolée vous autres, j’en avais besoin et j’ai la priorité. Vous comprenez, cœur brisé et opportunité manquée… Coronavirus à perpétuité !
Bref.
Je suis retournée chez moi, mais mon cerveau est toujours imbibé de chez Nguyen. Je me demande combien de temps il me faudra pour me désintoxiquer de lui cette fois.
Mais ne pensons pas à ça !
Nouvelle étape de ma vie, nouveaux objectifs ! Devinez quoi ?
J’ai à nouveau besoin d’un boulot ! Et vite ! J’en ai besoin pour survivre.
J’ai reçu mon maigre salaire de l’entreprise du Diable. Je pourrais survivre quoi ? 6 semaines à tout casser ?
Même pauvre, même en devant faire attention, j’ai envie de me faire une séance au ciné.
C’est grave ? Je me nourris de l’art d’abord. à 10€ la place, il faut bien que ça me serve à quelque chose.
Ah oui, c’est vrai. Tous les lieux publics sont fermés. Et je me remets comment de ma rupture au juste ?
Vous allez faire comment sans toutes les âmes esseulées et leur bourse pour faire fonctionner l’économie ? Vous savez de quoi je parle, vous et votre foutue Saint Valentin. Je sais bien de toute manière, que vous ne le faites que pour moi, quand vous présentez vos rayons de bonbons et de chocolats pour les pauvres chnoques célibataires et allant mourir en nous faisant bouffer le visage par notre chat.
Non ! Cette rupture ne m’affecte pas du tout ! Ce n’est pas du tout vrai d’abord !
Je veux me wrapper comme un burrito dans ma couette et me la jouer Bridget Jones tout pareil.
C’est mon but du confinement. Chacun son truc d’accord ?
Je veux regarder Titanic, faire comme si j’étais Rose et pousser à coups de pied Léo dans l’eau pour être la seule sur ce satané bout de bois.
Mon téléphone vibre à nouveau. C’est le quatorzième appel manqué d’Nguyen.
Je sais. C’est lâche. Foutez-moi la paix.
C’est la pire décision que j’ai dû prendre.
Je suis trop cassée pour lui. Il est trop gentil et trop bien pour moi. Et qui voudrait être avec quelqu’un où vous vous sentez comme une merde à côté ?
– Mais non, ne dis pas ça… me dit ma sœur Ambre au téléphone.
Bah si. Une fois cette situation bizarre passée, une fois que le monde se remettra en mode “Play” et bien, la réalité va forcément nous frapper d’un coup de fouet. Sauf que, ce ne sera pas aussi jouissif que dans 50 nuances de Grey. Autant en sortir maintenant, tant que je peux encore ramasser mes morceaux.
Tout est allé trop vite entre nous. C’est pas parce qu’on se connaît depuis une éternité qu’on peut y aller comme si de rien n’était. On a eu nos vies à nous aussi.
Je vous jure. ça fait trop mal.
Le premier truc que je fais dès la levée du confinement, c’est me couper les cheveux tiens. Pour être méconnaissable.
Bah vous croyez quoi ? Que je vais le faire de chez moi ? On n’est pas dans Mulan les gars !
Vous croyez vraiment qu’un coup d’épée et puis hop, tout est réglé ? Les vidéos Youtube ne vous ont donc rien appris ?
Et bien non ! La vie, c’est pas aussi facile que ça… La preuve.
Bon, c’est pas tout là, mais il me faut de la glace.
J’ouvre mon mini-frigo de studio et évidemment, c’est aussi vide que l’Antartique. Je me mets à chialer parce que mon glacier préféré est fermé.
Oui, je pleure pour la glace d’accord ? C’est de la très bonne glace d’abord !
Bon. Réfléchissons. Comment faire mon overdose de sucre au juste ?
Je sors en pantoufle et pyjama au supermarché du coin et le gars de la sécurité me regarde d’un œil bizarre avec mon pyjama rose plein de lapinous.
Et merde ! Bien sûr que quand je sors toute débraillée comme ça, je tombe sur un gars de la sécurité top canon de la mort qui tue ! Pfff.
Je récupère mon litre de glace choco-menthe et me dirige vers la caisse.
– Vous pouvez faire le sans contact si vous voulez.
Je réfléchis deux secondes. Je viens de recevoir mon salaire mais la première chose que j’ai faite, c’est payer mon loyer. Dans des temps pareils, on voit vraiment ce qui est essentiel dans la vie… Je ne suis pas sûre que ça marche. Et je me vois mal commencer à prier la tête en l’air les bon Dieux pour entendre le ding du paiement effectué. Je vous ai dit que sur mon pyj, j’ai la capuche avec les oreilles de lapins intégrées ?
Oui, bon, ça va, on se passe de commentaires.
Bref. Je compte donc mes pièces jaunes et… on ne va pas se mentir, les pièces bronzées aussi pour faire l’acompte tout pile. C’est la dèche, je vous rappelle !
Une fois ma chasse aux pièces finit, je repars fièrement avec ma boîte de glace et mon ticket qui prouve que j’ai tout payé au gars sexy de la sécurité. Je sors dehors… Et ni d’une, ni de deux…
J’ouvre la boîte et fourre ma tête dedans, léchant la surface de la glace.
Bah quoi ? Je suis désespérée, vous ne l’avez toujours pas compris ?
à suivre…