Le lendemain, je me réveille crevée de mon hystérie de la veille.
Il n’y a pas à dire, la piqûre de rappel de mon entreprise du Diable, là, ça m’a fait redescendre sur Terre direct ! C’est un peu comme si, depuis le début du confinement, je me suis retrouvée dans une bulle de rêve et que ma vie a pressé le bouton pause.
C’était trop beau pour être vrai !
– Tu croyais quoi au juste ? Que la vie est un long fleuve tranquille ? me demande ma meilleure amie Manon. Même dans tous tes films Disney là, ils te montrent qu’il y a plein d’embûches et qu’il faut les surmonter !
– Oui mais franchement, avouez les filles, ça ne se faisait pas de leur part !
– On a tous un caractère de merde de toute façon. Eux, nous, toi, les autres… Tous autant qu’on est, ajoute ma soeur au téléphone.
J’avoue. Moi la première. Elle a totalement raison. ça reste chiant de se faire jeter ses quatres vérités en pleine face. Les vidéo conférences, c’est vraiment trop nul quoi.
– Qu’est-ce que tu vas faire ?
– Si je le savais ! Je vous l’aurais déjà dit, non ?
– Ohhhhh !!!
– Madame la Diva fait son retour !
– ça fait un moment qu’on ne l’avait pas revue celle là !
– Boom ! Retour dans le passé 3 ! Ou futur… Je ne sais plus. (Ma soeur et ses références cinématographique de mes deux…)
– Les filles. C’est bon, arrêtez.
– C’est à dire, au début, Nguyen l’avait calmé ! Mais une garde de nuit et ça y est ! Le naturel revient au galop !
– Pfiou ! C’était rapide dis donc !
Ces meufs, je les hais.
Bon. Non, c’est faux, je les aime. Mais elles me soûlent aujourd’hui comme pas possible.
– Non mais, tu te souviens, au début de toute cette histoire ? Tu ne pensais pas que tu allais tenir l’année entière à bosser pour eux. On dirait juste que tu essayes de te trouver des excuses.
Cette connasse de Manon, c’est comme si elle pouvait lire dans les pensées des gens. Quand elle le fait aux autres, je l’admire, quand elle fout son pouvoir de télépathie sur moi… Je me remets la scène d’Astérix et Obélix dans la tête. “Pas contents ! Pas contents ! Pas contents !”
Je vous jure.
à. Chaque. Fois.
– Des excuses pour quoi au juste ? Oui, je ne suis toujours pas chaude à faire ce boulot, mais au moins, je pouvais l’utiliser comme un tremplin, je lui réponds avec un peu trop de véhémence.
– C’est que c’était une sécurité financière… intervient ma soeur.
– Oui, mais bon, aller au boulot à reculons pendant encore 11 mois ? Je ne sais pas si je vais pouvoir. Quitte à faire un boulot de merde en attendant de vendre mes pièces de théâtre et travailler à temps plein à l’Opéra, autant en faire un qui ne va pas pourrir mon âme, non ?
– C’est sûr… Mais est-ce que tu ne te rajoutes pas des galères en plus, juste pour alimenter ton côté théâtral ?
– Elle a raison ta soeur, à un moment donné, il va bien falloir bouffer…
Oui bon, ça va ! En même temps, elles n’ont pas tort, mais quand même quoi. J’en ai marre de me l’entendre dire.
Je raccroche en prétextant avoir un mal de crâne.
J’ai besoin de penser à autre chose.
Je décide de prendre soin de moi. Je vais passer le reste de ma journée à me faire des masques et prendre un bain.
Je mets en route ma playlist de femme indépendante qui m’inspirent à être comme elles, et là…
RESPECT d’Aretha Franklin !
Tu sais toujours quand apparaître Aretha ! Il y a quelque chose de magique chez toi de toute façon, ma mère l’a toujours dit.
“All I’m askin’
Is for a little respect when you get home !”
Je suis en pleine session de trémoussage dans la salle de bain, à me tartiner de crème, quand Nguyen apparaît dans l’encadrement de la porte. Il sourit à ma vue et après un coup d’oeil dans le miroir, je comprends tout à fait pourquoi.
Avec des barettes de toutes les couleurs dans les cheveux pour essayer de discipliner ma tignasse, mes stocks de crème sur le visage, attendant sagement d’être étalés…
Ouais. J’aurais pu ne pas en mettre autant quand même.
On dirait que je me soigne de la varicelle ! Je finis d’hydrater mes jambes et mon visage.
Aretha reprend depuis le début et Nguyen se cale plus confortablement contre l’entrée de la salle de bain. Il n’y a pas à dire, tu en apprends beaucoup quand tu vis avec quelqu’un.
J’adore qu’on soit à ce moment d’intimité où on peut partager les silences sans que ça ne soit bizarre ou gênant pour nous deux.
Ma session de crèmage finit, je revisse mon pot ayant, au préalable, prit une bonne dose dans les doigts pour l’étaler sur mon otarie adorée.
Il me voit arriver, recule, les mains levées en l’air, signe d’avertissement ou de reddition ?
Avec la crème, le massage se fait sans les habits obligatoirement !
J’ouvre mon peignoir et le fait glisser de mes épaules.
Ses yeux s’écarquillent devant la dentelle de mon corset, mais il ne bronche pas. Toujours en position de défense.
Je le pousse sur le lit et lui grimpe dessus. Il est coincé.
Il ne me reste plus qu’à cueillir les fruits de ma récolte.
De ma main libre, je débouttonne sa chemise. Je frotte mes mains l’une contre l’autre et m’apprête à étaler le produit…
à suivre…