Ok. Je l’avoue. J’aurais pu faire autrement. Cette situation, j’aurais pu mieux la gérer.
Mais qu’est-ce que je fabrique ici ma parole ?
Comment elles font, déjà, les mannequins, dans les défilés de Victoria Secret ?
Franchement, toute cette dentelle et ses fils là, ce n’est pas pratique du tout. Mais alors pas du tout. Vraiment. Pas. Du. Tout.
Le fil de mon string est allé dans une partie de mon corps dont j’ignorais jusque là l’existence. Les armatures de ce foutu soutif me poignarde la chair et clairement, l’éclair au chocolat que j’ai mangé sur la route pour venir chez lui fait ressortir mes poignées d’amour qui ont… Comment dire ? Elles ont été très heureuse de montrer tout leur potentiel, voilà.
Bon. Je me mets comment ? Il a un fauteuil de lecture près de la fenêtre. Je m’assoie, j’écarte les jambes et positionne mes mains sur mes genoux. Hum… C’est peut-être un petit trop violent non ?
Au pire, quand il rentre, je fais comme si j’attrape un truc sur le lit, les fesses tendues vers la porte d’entrée ? Hum… Mauvaise idée. Il va croire que je suis plus… ouverte qu’en réalité. Bah quoi ? Qui a dit qu’il fallait utiliser absolument tous les orifices que Dieu nous a donné ? C’est vrai quoi ! On n’est pas des animaux ! Même si j’ai envie de le chevaucher jusqu’à ce qu’on hurle de plaisir tous les deux. à l’unisson. Comme dans les films. Tout pareil.
Bon. Allez Julie. Concentres-toi. Dommage qu’il n’a pas de ventilateur… Je me l’a serais joué Marilyn Monroe, vous savez quand, dans le film, elle… Bon. Stop. Il va bientôt arriver. Je renfile mon peignoir de soie et m’installe dans son fauteuil comme se le doit une femme distinguée. Un peu de travers, avec tout cet attirail qui va finir par terre à coup d’arrachage de dents. Pitié. Faites qu’il y ait de l’arrachage de dentelle. Pourquoi acheter cette toile d’araignée ou sinon ? Je veux qu’on m’explique !
Bref. Oui, montrer un peu de chair tendre, histoire d’attirer le regard sur mes parties essentielles. Je lui donne une carte toute tracée. Il est en médecine, il va pouvoir s’en sortir, non ?
Un livre à la main, je suis l’incarnation même de la libraire coquine ! Les gars, s’il ne me fait pas grimper au septième ciel là, honnêtement, je ne sais pas comment faire pour aller voir ces foutues étoiles. Il a intérêt à me rapprocher la lune comme dans Bruce Tout Puissant, moi je vous le dis.
J’entends du bruit. Chut ! Fais comme si de rien n’était. Si il te demande, vous aviez prévu de vous retrouver chez lui et il t’avait passé une clé parce qu’il allait finir son service tard. Apparemment, il y a un virus qui se propage. Enfin.
Nguyen entre dans la pièce, les yeux mi-clos, il s’affale littéralement tête la première contre son matelas. Tout habillé. Et voilà qu’il se met à ronfler.
Merde. Merde merde merde merde merdeeeeuuuuuhhhh !
Qu’est-ce que je fais ?
Techniquement, je suis bien rentrée par effraction, il ne savait pas que j’allais être là et il m’a clairement dit que son travail était prenant. Merde. Comment on fait pour se sortir d’une situation pareille ?
Qu’est-ce que je suis sensé faire ? Merde.
C’est le seul mot qui me vient à l’esprit. Merde.
Merde.
Bon. Il ne m’a pas vu, on est d’accord ? Donc, je prends mes affaires discretos et je me casse.
On se casse les gars !
Chut. Pas de bruit surtout. Evidemment, mes affaires sont installées tranquillement sur la table de nuit la plus loin de la porte. Tsiou. Je vous jure.
Bon. Allons-y sur la pointe des pieds. Chut. Pas. De. Bruit.
Je me penche pour ramasser mes affaires et voilà qu’il se retourne sur le dos.
Il est trop chou quand même là, vulnérable et apaisé. Je comprends mieux pourquoi les filles regardent toujours leur mec dormir dans les films à l’eau de rose.
On entend une sirène qui se rapproche.
Merde ! Les poulets ! Comment ont-ils su que j’étais là ? Bon. Respires. Soyons raisonnable. Prends tes jambes à ton cou et barres-toi !
Je récupère mes affaires en vitesse et je contourne le lit au moment où Nguyen se redresse, s’assoie et me regarde, à moitié zombie.
Il m’attrape par les cuisses et me tient, comme s’il ne voulait pas me laisser partir. Ses doigts se pressent davantage, voyageant vers mes hanches. Mon intimité diffuse déjà sa chaleur.
Lentement, il me débarasse des affaires qui encombrent mes mains. Il m’attire contre son torse pour me décaler sur ma place du lit.
Et puis…
Nguyen m’emprisonne dans ses bras, forts et sécurisant.
Il s’endort sur moi comme ça. Son corps pratiquement allongé sur le mien.
Son poids sur le mien. Ses bras qui m’enveloppent, comme si j’étais son ancrage et sa tête nichée juste en dessous de mes seins, qui le calent comme un coussin.
Et je vous jure, je suis aussi surprise que vous.
Ok, peut-être un peu moins dégoûtée bande de coquins !
Mais cette position, où il a besoin de moi, où je suis celle qui est en contrôle, où il est celui qui me donne toute la tendresse.
Ce schéma si nouveau pour moi, ça me rend super heureuse.
à suivre…